Vue extérieure d'une véranda bioclimatique moderne intégrée à une maison française contemporaine avec lames orientables et vitrage panoramique
Publié le 15 mars 2024

Contrairement à l’idée reçue, une véranda bioclimatique n’est pas une pièce en verre, mais un système thermique complexe dont la performance dépend de détails techniques souvent ignorés.

  • La gestion de la surchauffe estivale ne passe pas par la climatisation, mais par des stratégies passives comme le tirage thermique et le vitrage à contrôle solaire.
  • La véritable isolation ne réside pas seulement dans le matériau (bois ou alu), mais dans la qualité de la rupture des ponts thermiques et la continuité du sol.

Recommandation : Analysez votre projet au-delà de l’esthétique, en vous concentrant sur l’intégration thermique, la conception des seuils et l’anticipation fiscale pour garantir un confort durable et valoriser votre patrimoine.

Le rêve d’une pièce supplémentaire baignée de lumière, ouverte sur le jardin, est une aspiration commune pour de nombreux propriétaires. L’idée d’ajouter une véranda pour agrandir son espace de vie semble simple et séduisante. On imagine un lieu de détente, un jardin d’hiver, une salle à manger lumineuse. Souvent, la réflexion s’arrête aux matériaux, à la forme, ou au coût initial. Pourtant, cette vision omet l’essentiel : une véranda interagit de manière fondamentale avec la physique de votre maison.

La plupart des approches se contentent de la présenter comme une extension vitrée. Or, cette simplification est la source de nombreuses déconvenues : surchauffe insupportable en été, sensation de froid en hiver, factures énergétiques qui grimpent et confort de vie dégradé. Mais si la véritable clé n’était pas de voir la véranda comme une pièce en plus, mais comme un moteur thermique greffé à votre habitat ? Un moteur qui, bien conçu, peut chauffer passivement votre maison en hiver, mais qui, mal maîtrisé, se transforme en fournaise ou en gouffre financier.

Cet article propose de dépasser la vision superficielle de la « belle véranda ». Nous allons plonger au cœur des mécanismes qui font la différence entre une passoire thermique vitrée et un véritable espace bioclimatique. En tant que concepteur, nous allons décortiquer les détails qui comptent : comment la physique des flux d’air, l’inertie du sol, la nature des ponts thermiques et même la fiscalité déterminent le succès de votre projet. L’objectif est de vous donner les clés pour faire de votre extension non pas une source de problèmes, mais un atout majeur pour votre confort et votre patrimoine.

Pour vous guider dans cette démarche technique et stratégique, nous aborderons les points cruciaux qui transforment une simple structure en un espace de vie performant et agréable toute l’année. Cet aperçu vous permettra de poser les bonnes questions et de faire des choix éclairés.

Effet de serre : comment profiter de votre véranda en juillet sans installer de climatisation ?

Le principal paradoxe de la véranda est aussi sa plus grande force : sa capacité à capter l’énergie solaire. En hiver, ces apports solaires passifs sont une bénédiction. En été, ils peuvent transformer l’espace en une étuve inutilisable. Lutter contre cet effet de serre avec une climatisation est un non-sens écologique et économique, qui va à l’encontre même du principe bioclimatique. La solution réside dans une conception intelligente qui favorise la régulation thermique naturelle.

Le premier levier est le vitrage lui-même. Oubliez le simple double vitrage ; la technologie moderne offre des vitrages à contrôle solaire. Ces verres spéciaux sont dotés d’une fine couche métallique invisible qui agit comme un filtre sélectif. Ils laissent passer la lumière visible tout en réfléchissant une grande partie du rayonnement infrarouge, responsable de la chaleur. Les vitrages à contrôle solaire les plus performants peuvent ainsi empêcher jusqu’à 70% du rayonnement solaire de pénétrer, réduisant drastiquement la surchauffe sans plonger la pièce dans l’obscurité.

Le second levier, tout aussi crucial, est la ventilation. La chaleur monte ; il faut donc lui offrir une voie de sortie. Une conception bioclimatique efficace repose sur le tirage thermique. Pour cela, plusieurs solutions complémentaires existent :

  • Ouvrants stratégiques : Installer des ouvertures sur des façades opposées et à des hauteurs différentes pour créer un courant d’air naturel qui balaie la pièce.
  • Toiture ventilée : Opter pour une toiture équipée de panneaux ouvrants ou de systèmes de ventilation intégrés qui permettent d’évacuer l’air chaud accumulé au point le plus haut.
  • Ventilation passive : Intégrer des grilles de ventilation, une basse et une haute, sur des murs opposés. L’air frais entre par le bas, se réchauffe, monte et s’échappe par le haut, créant une circulation continue.
  • Protections extérieures : Utiliser des volets roulants de toiture (rolax) ou des stores extérieurs qui bloquent le soleil avant même qu’il n’atteigne le vitrage, agissant comme un véritable bouclier thermique.
  • Végétalisation : Planter des arbres à feuilles caduques ou installer des plantes grimpantes sur une pergola attenante. Elles fourniront un ombrage naturel et rafraîchissant en été, puis laisseront passer le soleil en hiver une fois leurs feuilles tombées.

En combinant un vitrage performant avec des solutions de ventilation et d’ombrage, on ne subit plus la chaleur, on la gère. La véranda reste alors une pièce agréable même au cœur de l’été, sans dépendre d’une climatisation énergivore.

Aluminium ou Bois : quel matériau offre la meilleure rupture de pont thermique pour une véranda ?

Le choix du matériau pour la structure de la véranda est souvent perçu comme une simple question d’esthétique ou d’entretien. Pourtant, c’est un choix technique fondamental qui conditionne la performance thermique globale. Le bois et l’aluminium avec rupture de pont thermique sont les deux principales options, chacune avec ses propriétés intrinsèques. Le véritable enjeu n’est pas tant le matériau lui-même que la manière dont il gère les ponts thermiques, ces points faibles dans l’enveloppe du bâtiment où l’isolation est rompue et où la chaleur s’échappe.

L’aluminium est plébiscité pour sa durabilité, sa finesse de profilés et son entretien quasi inexistant. Cependant, c’est un excellent conducteur thermique. Une structure en aluminium sans précaution serait un désastre isolant. C’est là qu’intervient la technologie de la rupture de pont thermique. Elle consiste à insérer une barrette en matériau non conducteur (généralement du polyamide) entre les profilés intérieur et extérieur de la menuiserie. Cet élément sépare les deux parties, empêchant le froid extérieur de migrer vers l’intérieur en hiver, et la chaleur en été. Une véranda en aluminium n’est « bioclimatique » que si elle intègre cette technologie de manière systématique et performante.

Comparaison visuelle de profilés aluminium avec rupture de pont thermique et bois lamellé-collé pour véranda

Le bois, quant à lui, est un isolant naturel. Sa structure cellulaire emprisonne l’air, lui conférant une faible conductivité thermique. Une structure en bois massif ou en lamellé-collé limite donc intrinsèquement les ponts thermiques. Il offre une ambiance chaleureuse et une excellente performance de base. Son principal inconvénient réside dans la nécessité d’un entretien régulier (lasure, peinture) pour le protéger des intempéries et des UV, afin de garantir sa longévité.

Pour faire un choix éclairé, la comparaison directe des critères est essentielle, comme le montre cette analyse des propriétés de l’aluminium et du bois pour une véranda bioclimatique.

Comparaison aluminium vs bois pour véranda bioclimatique
Critère Aluminium Bois
Résistance aux intempéries Excellente, recyclable Bonne mais nécessite entretien régulier
Isolation thermique Très bonne avec rupture de pont thermique Naturellement isolant
Entretien Minimal Régulier (lasure, traitement)
Esthétique Moderne, personnalisable Chaleureux, naturel
Intégration d’options Facile (motorisation, éclairage) Plus complexe

En définitive, il n’y a pas de « meilleur » matériau dans l’absolu. Un aluminium de haute qualité avec une rupture de pont thermique efficace peut être aussi performant qu’un bois bien mis en œuvre. Le choix dépendra de vos priorités entre facilité d’entretien, esthétique et budget, tout en gardant à l’esprit que la qualité de la conception et de la pose est aussi importante que le matériau lui-même.

Taxe d’aménagement et Foncière : combien vous coûtera vraiment votre véranda chaque année ?

Au-delà de l’investissement initial, la construction d’une véranda a des conséquences fiscales durables qu’il est impératif d’anticiper. En créant une surface de plancher close et couverte, vous augmentez la valeur locative cadastrale de votre bien, qui sert de base de calcul à plusieurs impôts locaux. Ignorer cet aspect peut conduire à de mauvaises surprises plusieurs mois après la fin des travaux. Deux taxes sont principalement concernées : la taxe d’aménagement et la taxe foncière.

La taxe d’aménagement est un impôt unique, payable une seule fois après l’obtention de l’autorisation d’urbanisme. Son calcul est basé sur une formule qui prend en compte la surface de la construction, une valeur forfaitaire par mètre carré et des taux votés par la commune et le département. La valeur forfaitaire est révisée chaque année ; à titre d’exemple, pour 2026, la base de calcul pourrait se baser sur une valeur qui, pour 2024, était de 914 €/m² hors Île-de-France. Un abattement de 50% est souvent appliqué pour les premiers 100 m² d’une résidence principale. La formule est : (Surface taxable x Valeur forfaitaire x Taux communal) + (Surface taxable x Valeur forfaitaire x Taux départemental). Le taux communal varie généralement de 1% à 5% et le taux départemental est plafonné à 2,5%.

La taxe foncière, quant à elle, est une charge récurrente que vous paierez chaque année. L’ajout de la véranda augmente la surface habitable de votre maison, ce qui entraîne une réévaluation de sa valeur locative par l’administration fiscale. Vous avez l’obligation de déclarer l’achèvement des travaux au centre des impôts fonciers dans les 90 jours. Cette nouvelle valeur servira de base au calcul de votre taxe foncière pour les années à venir. L’augmentation dépendra de la surface de la véranda et des taux d’imposition de votre localité, mais elle représente un coût annuel permanent à intégrer dans votre budget.

Pour éviter toute mauvaise surprise, il est donc fortement recommandé de se renseigner en amont auprès du service urbanisme de votre mairie pour connaître les taux applicables et d’utiliser le simulateur disponible sur le site des impôts pour estimer le montant de la taxe d’aménagement. Cette anticipation est une étape clé d’un projet de véranda réussi.

L’erreur de niveau de sol qui rend la circulation vers la véranda désagréable

Un détail technique, souvent sous-estimé lors de la conception, peut ruiner le confort d’usage quotidien d’une véranda : la présence d’une marche ou d’un seuil proéminent entre l’intérieur de la maison et la nouvelle pièce. Cette rupture de niveau, même de quelques centimètres, crée une barrière visuelle et physique qui nuit à la fluidité de la circulation. Elle transforme la véranda en une pièce « à part » plutôt qu’en une véritable extension de l’espace de vie. Une conception bioclimatique réussie vise une continuité parfaite, un sol de plain-pied qui invite à passer d’un espace à l’autre sans y penser.

Obtenir ce résultat exige une planification rigoureuse dès les fondations. Le niveau du sol fini de la véranda doit être anticipé pour correspondre exactement à celui de la maison. Cela implique de couler la dalle de la véranda à la bonne hauteur, en tenant compte de l’épaisseur de l’isolant, de la chape et du revêtement de sol final. Un seuil encastré, conforme aux normes d’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite (PMR), est l’objectif à atteindre. Il garantit non seulement un confort optimal pour tous, mais aussi une plus-value esthétique et pratique indéniable.

Cependant, un seuil de plain-pied soulève une contrainte technique majeure : le risque d’infiltration d’eau. Pour y remédier, des solutions de drainage performantes doivent être intégrées. Un caniveau discret, installé le long du seuil à l’extérieur, permet de collecter les eaux de pluie et de les évacuer, protégeant ainsi l’intérieur de toute humidité. Ce système est indispensable pour concilier fluidité et étanchéité. De plus, pour que le sol de la véranda participe au confort thermique, son inertie doit être optimisée. Cela passe par une isolation continue en sous-face de la dalle, qui empêche le froid du sol de remonter et permet à la dalle de stocker la chaleur des apports solaires en hiver, la restituant doucement plus tard.

Votre plan d’action pour un seuil de véranda parfait

  1. Conception de plain-pied : Exigez dès la phase de plan une continuité parfaite entre le sol intérieur et celui de la véranda pour respecter l’accessibilité et le confort visuel.
  2. Drainage intégré : Prévoyez l’installation du seuil sur une longrine en béton intégrant un caniveau de drainage extérieur pour prévenir tout risque d’infiltration d’eau.
  3. Continuité de l’isolation : Assurez-vous qu’une isolation thermique est bien prévue en sous-face de la dalle de la véranda pour couper les ponts thermiques et maximiser l’inertie du sol.
  4. Choix du seuil : Optez pour un profilé de seuil encastré à faible hauteur, spécifiquement conçu pour les passages fréquents et l’accessibilité PMR.
  5. Coordination des artisans : Organisez une réunion entre le maçon, le poseur de la véranda et le carreleur pour garantir que les hauteurs de réservation sont parfaitement respectées.

En conclusion, le traitement du seuil n’est pas un détail. C’est l’un des éléments les plus critiques pour l’ergonomie et la perception de votre nouvelle pièce. Une transition fluide et sans obstacle est la signature d’un projet bien pensé, qui fusionne véritablement la maison et son extension.

Quand raccorder la véranda au chauffage central devient-il indispensable ?

Une véranda bioclimatique bien conçue et bien orientée doit pouvoir se passer de chauffage une grande partie de l’année. En hiver, elle agit comme un capteur solaire géant, stockant la chaleur pour la diffuser dans le reste de la maison. C’est un principe fondamental qui peut permettre de réaliser d’importantes économies. Comme le souligne Camif Habitat dans son guide, l’intérêt d’une telle structure est maximal durant la saison froide.

Une véranda bioclimatique trouve principalement son utilité en hiver. Elle se transforme en véritable radiateur pour l’ensemble de la maison en stockant la chaleur du moindre rayon de soleil.

– Camif Habitat, Guide des vérandas bioclimatiques

Cependant, cette autonomie thermique a ses limites. Durant les longues périodes sans soleil, les nuits d’hiver très froides ou si la véranda est destinée à devenir une pièce de vie principale (un salon, un bureau permanent), un chauffage d’appoint devient nécessaire pour garantir un confort constant. La question n’est donc pas « faut-il chauffer ? » mais « comment chauffer intelligemment ? ».

Le raccordement au chauffage central existant (radiateurs à eau ou plancher chauffant) est souvent la solution la plus confortable et la plus économique à l’usage. Elle permet une diffusion homogène de la chaleur et une régulation fine, intégrée au système global de la maison. Cette option doit cependant être anticipée dès la construction pour prévoir le passage des tuyauteries dans la dalle. Elle n’est pertinente que si la chaudière existante est suffisamment dimensionnée pour supporter cette charge supplémentaire. Si ce n’est pas le cas, le coût de remplacement de la chaudière peut rendre l’opération très onéreuse.

Si le raccordement au chauffage central n’est pas possible ou souhaitable, des alternatives existent. Un poêle à bois ou à granulés peut apporter une chaleur puissante et une ambiance conviviale, tout en étant cohérent avec une démarche écologique. Les radiateurs électriques à inertie de dernière génération représentent une autre option, plus simple à installer, mais potentiellement plus coûteuse à l’usage. Le choix dépendra de l’utilisation que vous ferez de votre véranda : un chauffage d’appoint pour un usage occasionnel n’a pas les mêmes exigences qu’un système principal pour une pièce de vie quotidienne.

En somme, une véranda bioclimatique doit d’abord maximiser les apports passifs. Le chauffage ne doit être qu’un complément pour assurer le confort lors des pics de froid, et son mode doit être choisi en fonction de l’intensité d’usage de la pièce.

Nord ou Sud : comment corriger une mauvaise exposition grâce à l’aménagement de terrasse ?

L’orientation est le paramètre numéro un d’une conception bioclimatique. Idéalement, une véranda est implantée au Sud pour capter un maximum d’apports solaires passifs en hiver, lorsque le soleil est bas sur l’horizon, tout en étant protégée du soleil zénithal de l’été par des avancées de toit ou des protections solaires. Cette configuration permet de chauffer gratuitement la véranda et, par diffusion, une partie de la maison. Dans les régions du sud de la France, une orientation Est ou Ouest peut aussi être envisagée pour éviter la surchauffe, tandis que le Nord est généralement déconseillé.

Cependant, tout le monde n’a pas la possibilité de choisir l’orientation idéale. Les contraintes du terrain, l’architecture de la maison ou les règles d’urbanisme imposent parfois une implantation moins favorable. Faut-il pour autant renoncer à un projet de véranda ? Non, car il est possible de corriger ou d’optimiser une mauvaise exposition grâce à un aménagement intelligent de l’environnement immédiat, notamment de la terrasse adjacente. Le sol extérieur n’est pas neutre ; sa couleur et sa matière influencent la quantité de lumière et de chaleur réfléchie vers la véranda (l’albédo).

Pour une véranda exposée au Nord, qui reçoit peu de lumière directe, l’objectif est de maximiser la luminosité ambiante. L’aménagement d’une terrasse avec une surface très claire, comme un béton quartzé blanc ou un dallage en pierre calcaire, est une excellente stratégie. Ce sol clair agira comme un réflecteur, renvoyant la lumière diffuse du ciel vers les vitrages et augmentant significativement la clarté à l’intérieur de la véranda.

À l’inverse, pour une véranda exposée plein Sud ou Ouest et sujette à la surchauffe, l’objectif est de limiter la réverbération du soleil. Une terrasse en bois sombre ou la création d’une pelouse juste devant la véranda permettront d’absorber une partie du rayonnement solaire et de limiter l’éblouissement et la chaleur réfléchie. Pour toutes les expositions, l’intégration d’une pergola bioclimatique en amont de la véranda est une solution très efficace. Ses lames orientables permettent de moduler précisément les apports solaires selon la saison, créant une zone tampon thermique qui protège la véranda en été et laisse passer le soleil en hiver.

En conclusion, l’orientation idéale n’est pas toujours atteignable, mais des solutions d’aménagement intelligentes permettent de compenser ses défauts. La terrasse n’est plus un simple espace extérieur, elle devient un outil de régulation thermique au service de votre véranda.

Permis de construire ou déclaration préalable : que déposer pour un garage de 25 m² ?

Avant même le premier coup de pioche, la question administrative est un passage obligé. La construction d’une véranda, comme pour un garage ou toute autre extension, est soumise à des autorisations d’urbanisme. La nature de l’autorisation dépend principalement de la surface de plancher créée et de la zone où se situe votre projet. Confondre une déclaration préalable de travaux (DP) et un permis de construire (PC) peut entraîner un retard significatif, voire un refus de votre projet.

Le principe général est simple : pour une extension de faible surface, une procédure allégée suffit. En France, le seuil de base est fixé à 20 m². Ainsi, pour un projet de véranda créant jusqu’à 20 m² de surface de plancher, une simple déclaration préalable de travaux est généralement suffisante. Le dossier est plus léger et le délai d’instruction est en théorie d’un mois.

Cependant, cette règle comporte une exception majeure. Si votre commune est couverte par un Plan Local d’Urbanisme (PLU), ce qui est le cas de la plupart des zones urbaines, le seuil de la déclaration préalable est relevé à 40 m². Pour une véranda de 25 m², si vous êtes en zone « U » (urbaine) d’un PLU, une déclaration préalable suffira. Si vous êtes en dehors de cette zone, ou si votre commune n’a pas de PLU, le seuil de 20 m² s’applique, et un permis de construire sera alors nécessaire pour 25 m².

Deux autres cas de figure rendent le permis de construire obligatoire, quelle que soit la surface. Premièrement, si l’ajout de la véranda porte la surface de plancher totale de votre maison (existant + extension) à plus de 150 m², le recours à un architecte et le dépôt d’un permis de construire deviennent impératifs. Deuxièmement, si votre propriété est située dans un secteur sauvegardé ou à proximité d’un monument historique (périmètre de 500 mètres), l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est requis. Cette consultation allonge les délais d’instruction et peut imposer des contraintes esthétiques spécifiques (matériaux, couleurs).

En résumé, pour une véranda de 25 m², la procédure la plus probable est une déclaration préalable si vous êtes en zone urbaine d’un PLU. Dans tous les cas, une visite au service urbanisme de votre mairie est la première démarche à effectuer pour valider la procédure applicable à votre terrain et éviter toute erreur administrative.

À retenir

  • La surchauffe estivale n’est pas une fatalité : elle se maîtrise par des stratégies passives (vitrage, ventilation, ombrage) bien plus que par la climatisation.
  • La performance d’une véranda ne dépend pas du choix entre bois ou alu, mais de la qualité de la rupture des ponts thermiques, un détail technique non négociable.
  • L’impact fiscal est un coût réel et durable : anticiper la taxe d’aménagement et la hausse de la taxe foncière est aussi important que le budget de construction.

Patrimoine durable vs Passoire thermique : lequel vaudra zéro dans 15 ans ?

L’ajout d’une véranda n’est pas seulement une question de mètres carrés supplémentaires ; c’est un investissement stratégique qui impacte directement la valeur de votre patrimoine immobilier à long terme. Dans un contexte de crise énergétique et de durcissement des réglementations thermiques, la notion de « passoire thermique » est devenue centrale. Une maison mal isolée, classée F ou G au Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), voit sa valeur chuter et fera face à des interdictions de location progressives. Une véranda bioclimatique bien conçue est une des réponses les plus efficaces pour améliorer ce classement.

En agissant comme un espace tampon et en fournissant des apports solaires passifs, une véranda peut significativement réduire les besoins de chauffage de la maison. Des études montrent qu’elle peut générer jusqu’à 35% d’économie sur la note de chauffage annuelle. Cette performance a un impact direct sur le calcul du DPE. Dans une étude de cas concrète, une maison des années 70 classée F a pu, grâce à l’ajout d’une véranda bioclimatique de 20 m², améliorer son classement pour atteindre la classe E. Elle échappe ainsi au statut de passoire thermique, augmentant sa valeur verte tout en offrant une surface habitable supplémentaire de qualité.

Maison française rénovée avec véranda bioclimatique moderne parfaitement intégrée

Cette démarche s’inscrit dans une logique de patrimoine durable. Plutôt que de subir l’obsolescence programmée de son bien, le propriétaire devient acteur de sa valorisation. L’investissement dans une véranda bioclimatique n’est plus une simple dépense pour plus d’espace, mais un placement qui améliore la performance énergétique, le confort de vie et l’attractivité du bien sur le marché immobilier de demain. À l’inverse, une véranda « classique », mal isolée et non intégrée thermiquement, peut aggraver le bilan énergétique global et devenir un fardeau plutôt qu’un atout.

Dans 15 ans, la différence de valeur entre une maison performante et une passoire thermique sera abyssale. En choisissant une solution bioclimatique, vous ne faites pas que construire une pièce en plus : vous investissez dans la pérennité et la résilience de votre patrimoine face aux défis énergétiques futurs.

Questions fréquentes sur l’extension bioclimatique et le confort thermique

Ma véranda est-elle taxable ?

Oui, toute véranda close et couverte est considérée comme une surface de plancher taxable. Elle sera soumise à la taxe d’aménagement une seule fois, puis augmentera la base de calcul de votre taxe foncière chaque année.

Quel taux s’applique pour la taxe d’aménagement ?

Le calcul dépend de deux taux : le taux communal, qui varie généralement de 1% à 5% (voire 20% dans des secteurs spécifiques), et le taux départemental, qui est plafonné à 2,5%.

Comment simuler ma taxe d’aménagement ?

Pour obtenir une estimation précise, vous pouvez utiliser le simulateur officiel mis à disposition sur le site impots.gouv.fr. Il vous permettra de connaître les montants à prévoir en fonction de votre projet et de votre localité.

Quelle autorisation pour une véranda de 25m² ?

Si votre terrain est situé en zone urbaine (U) d’un Plan Local d’Urbanisme (PLU), une déclaration préalable de travaux suffit pour une extension jusqu’à 40m². En dehors de ces zones, ou si la surface totale de la maison dépasse 150m² après travaux, un permis de construire est requis.

Quand faut-il un architecte ?

Le recours à un architecte est obligatoire si la surface de plancher totale de votre habitation, extension comprise, dépasse 150m².

Quel est le rôle de l’ABF ?

Si votre maison se trouve dans un périmètre de 500 mètres autour d’un monument historique, l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est obligatoire. Cela peut allonger les délais d’instruction et imposer des contraintes sur l’aspect extérieur de la véranda.

Rédigé par Sophie Delorme, Architecte HMONP spécialisée dans la réhabilitation énergétique et la rénovation du bâti ancien, cumulant 10 ans de chantiers résidentiels. Experte des normes DPE, des dossiers MaPrimeRénov' et de l'optimisation des espaces.